coeur

rebecca 15h53

 

Ne me demandez pas pourquoi mais jusqu’à peu j’étais persuadée que « Rebecca » de Daphnée du Maurier était une sorte de roman à l’eau de rose type Arlequin… (Oui, je sais, je sais… c’est plutôt le contraire et même considéré comme un classique… mais que voulez vous, on a parfois des a priori tenaces…) mais heureusement ma copine Mrs B m’a dit que c’était un de ses romans préférés et je la connais assez bien pour savoir qu’elle ne dirait pas ça d’une romance banale et qu’on partage souvent des goûts littéraires.

Quand l’occasion s’est présentée de découvrir la nouvelle version de la traduction en audio grâce à Sylire, je me suis lancée et j’ai tout de suite été happée !! Par contre, juste un mot au sujet de cette nouvelle traduction : je suis très étonnée d’y avoir trouvé une erreur de traduction : un personnage s’adresse à une infirmière et l’appelle « Ma sœur », or en français, il me semble qu’on dit « ma sœur » aux religieuses seulement mais en anglais les infirmières –même quand elles ne sont pas bonnes sœurs- sont appelées « Sister »… Mais ce n’est qu’un détail qui ne m’a pas du tout empêché d’avoir un coup de cœur pour cette histoire !

Alors de quoi s’agit-il ? Une jeune femme assez simple est la demoiselle de compagnie d’une riche femme assez insupportable sur la Côte d’Azur et elle fait la connaissance de Maxime de Winter un veuf anglais qui semble bien taciturne et qui se tient à l’écart de la haute société dans laquelle il gravite pourtant. Petit à petit la jeune femme se lie avec lui  et quand elle doit quitter l’Europe avec sa patronne, le  très secret Mr de Winter la demande en mariage.

Elle est beaucoup plus jeune que lui, n’appartient pas au même milieu social que lui : il fait partie de la haute société anglaise qui vit à « Manderley » un domaine connu de tous et a perdu sa femme, Rebecca,  peu de temps auparavant et la jeune femme (dont on ne connaîtra jamais le prénom) est très jeune, n’a que peu d’éducation,  aucune famille, aucune lignée et peu d’expérience de la vie et est très timide. Elle manque de confiance en elle, se rabaissant souvent.

Quand ils reviennent à Manderley après leur mariage, elle doit trouver sa place dans ces pièces où la présence de feue Mme de Winter –Rebecca- est quasiment palpable : on sent que les objets, la décoration et les habitudes transpirent Mme de Winter… Et la présence de Mme Danvers, la gouvernante qui vénérait son ancienne patronne ne va certainement pas aider la jeune Mme de Winter à s’imposer car elle fait tout pour que la vie dans la propriété continue comme avant, comme si le fantôme de Rebecca planait de pièce en pièce…

Ce n’est pas facile pour la jeune femme car Rebecca était perçue par tout le monde comme la femme parfaite. La jeune épouse en finit par avoir peur que son mari ne l’ait jamais vraiment aimée et que s’il reste assez secret c’est qu’il est encore secrètement amoureux de son femme morte. Mme Danvers – personnage assez machiavélique- fait d’ailleurs tout pour encourager cela.

Mais un retournement de situation dévoile que Rebecca n’est pas morte de la manière que tout le monde croyait et des révélations sont faites sur sa personnalité. Le couple de Winter traverse alors des épreuves très difficiles mais qui vont les rapprocher.

En conclusion on pourrait dire que les apparences peuvent être trompeuses et que parfois la vérité se cache derrière des mensonges et les mensonges cachent des vérités.

Je n’en dis pas plus pour ne pas trop dévoiler la fin de l’intrigue car il y a vraiment un aspect thriller, polar en plus de tout un côté roman psychologique et avec aussi certains aspects sociaux… C’est un roman très riche, plein de nuances et avec lequel on traverse de nombreuses émotions !

Si vous aimez Downton Abbey, vous replongerez dans l’atmosphère des grandes demeures anglaises avec les domestiques, les codes sociaux… On ne sait jamais réellement à quelle époque se déroule cette histoire mais le roman a été écrit en 1938 alors on s’imagine bien dans les années 20-30 et cela participe à l’ambiance du roman.

La lectrice est très bien : elle sait donner vie à la jeune Mme de Winter, son innocence, ses doutes, ses craintes. On se met vraiment à sa place, on traverse les mêmes émotions.

 

prêté par Sylire : Merci!

81950337_p Chez Sylire : Le thème du mois est "Une histoire qui fait frissonner)

livre audio                     

écoute commune avec Sylire : Allons voir son avis!

a year in England chez Titine