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 Ce roman commence dans un collège avec une prof de 3ème qui doit se débrouiller de deux « clans » de garçons qui s’affrontent en cours : un jeune d’origine magrébine, grande gueule, et deux petites frappes bien franco-française (le père de l’un deux étant même élu de la droite droite de la ville). Le début du roman a résonné en moi car cette jeune prof se retrouve au milieu du conflit entre les élèves qui s’en prennent à elle et quand j’ai lu ce roman, je venais de passer à deux doigts d’une altercation physique avec un élève de 3ème (en tant que victime)…

Mais ce n’est qu’un aspect du roman, l’ouverture qui montre les tensions qui règnent dans la chaleur d’un printemps caniculaire, dans une ville où la municipalité veut rejeter les sans papiers et où les jeunes de la ville organisent un concert pour manifester contre cette situation et tous les jeunes qui vivent ensemble au collège.

« La fille » du titre c’est Annabelle, une jeune fille de cette classe dont la meilleure amie Fatoumata ne comprend pas son choix de petit copain (c’est un copain de la petite frape de sa classe) et dont la mère est dans une sorte de torpeur permanente devant ses jeux de cartes sur ordinateur depuis que le père est en prison. Elle essaye d’être elle-même, honnête avec elle-même. C’est une jeune fille mature, qui se cherche. Un personnage très bien construit.

Le soir du concert tourne au cauchemar, une sorte d’explosion à la suite de cette journée de tension. Dès le début du roman on sait qu’il va se passer un drame car on peut lire des textes en italique comme des voix off, une fille et un garçon qui décrivent leurs douleurs et leurs peurs après des événements qu’on ne comprendra qu’à la fin.

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai aimé les thèmes évoqués, qu’ils soient humains (l’amitié, l’amour, la place que l’on se donne dans le groupe quand on est adolescent, les relations entre les jeunes et les adultes) ou sociales (la politique, les opinions sur la place des uns et des autres dans la société, la violence scolaire et les violences en général). Le fait que des haines ordinaires peuvent entraîner des drames… Et à notre époque trouble, ce roman prend une autre couleur, même si en postface l’auteur explique qu’il a té écrit avant les événements de novembre 2015.

C’est surtout un roman très bien écrit. Hubert Ben Kemoun sait donner des voix propres à tous ses personnages, on se sent dans la peau de Annabelle mais aussi des jeunes garçons, on oublie qui a écrit le roman, on vit la situation décrite. Bravo à lui pour avoir su se mettre dans la peau de ces jeunes. J’ai maintenant très envie de lire « Une fille seule dans le vestiaire des garçons ».

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2016 objectif 2016 : - 11

jeunesse

lectures communes avec avec Lasardine : allons voir son avis! (Et l'avis de sa fille!)