petit pays

J’ai vu passer beaucoup de billets sur « Petit pays » mais je les ai lus en diagonale quand j’ai compris que c’était un coup de cœur pour tant de lecteurs car je savais que je le lirais et je ne voulais pas être influencée ! Je ne savais pas grand-chose donc sur l’histoire à part que ça se passait au Burundi et qu’il y était question des conflits entre Tutsis et Hutus. Alors quand j’ai vu qu’Audiolib avait sorti une version lue par l’auteur j’ai sauté sur l’occasion.

Cette histoire est une histoire d’enfance. Le personnage principal, Gaby, revient sur ses jeunes années au Burundi où il vivait avec sa sœur, sa mère rwandaise exilée après des massacres ethniques dans les années 60 et son père français.

Ils vivent une vie plutôt simple et agréable, même si ses parents se séparent. La part la plus importante de la vie de Gaby c'estt sa bande de copains de l’impasse. Il y a un petit côté « Marcel Pagnol en Afrique » : Gaby et ses copains font les 400 coups, des bêtises, des aventures et des intérêts d’enfants de 10 ans…

Le lecteur voit en filigrane les problèmes plus larges qui se dessinent -politiques et sociaux- mais les enfants ne les ressentent pas vraiment. On est dans le sous-entendu et cela rend très bien une vision enfantine de la vie sans pour autant nier, pour le lecteur, les particularités de ce pays et de la vie aisée de ces jeunes au milieu d’un monde qui vacille.

Et puis presque du jour au lendemain, les choses basculent : coups d’états et violences raciales (entre les Tustis et les Hutus) et les massacres au Rwanda racontés par la mère de Gaby nous basculent dans l’horreur. Ce passage est poignant même s’il est raconté d’une façon presque neutre par cette femme brisée par ce qu’elle a vu et vécu. Là encore, j’ai aimé que l’auteur ne mette pas de pathos artificiel dans la bouche de cette femme qui raconte cela presque dans un état second. Cela ne m’a pas empêché d’être très émue.

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai aimé le ton, la voix que l’auteur a choisi de donner. J’ai aimé qu’il dise les choses sans forcément les dire, en installant cette vie ordinaire et heureuse pour la balayer encore plus fort quand tout bascule. J’ai aimé qu’il mette en lumière son « petit pays » et les variétés de gens qui y vivent.

J’ai aimé la plume de l’auteur, la poésie qu’il y glisse (j’ai particulièrement en tête deux lettres : celle qu’il écrit à son cousin mort qui a failli me faire pleurer en conduisant et celle à sa correspondante française après les massacres… Quelles belles lettres poignantes !)

J’avais 20 ans au moment des massacres au Rwanda et j’étais étudiante en Irlande et je suis passée complétement à côté, j’en ai honte maintenant…

C’est donc Gaël Faye qui lit la version audio et il arrive à mettre de l’entrain quand il s’agit de parler des aventures d’enfance et beaucoup de gravité dans les parties dramatiques.

J’ai beaucoup aimé les intermèdes musicaux entre chaque chapitre (par Samuel Kamanzi) et comme souvent j’ai trouvé l’entretien avec l’auteur vraiment intéressant ! J’aimerai beaucoup l’entendre parler plus longuement et pourquoi pas chanter !

Regardez cette vidéo, très bon complément à cette lecture : 

 

livre audio prix audiolib 2017(cliquez)

challenge goncourt des lycéens 2016

Les avis de Aproposdelivres, Estelle, Les lectures de Lily, Meuraïe,   PascalSandrineSylire  (les autres jurés du prix Audiolib)