28 novembre 2009
"Les belles choses que porte le ciel" de Dinaw Mengestu
Sépha Stéphanos est un immigré éthiopien qui vit aux États Unis depuis 17 ans. Il vit dans un quartier plutôt défavorisé de Washington et y tient une épicerie un peu décrépie. Il a deux amis, eux aussi immigrés africains, avec qui il refait le monde -au sens large ou au quotidien- et "s'amuse" à lister les dictatures et les coups d'états en Afrique. Ils se soutiennent mutuellement.
Sépha est le narrateur de ce récit sur sa vie, son désenchantement. Il va et vient dans le temps pour nous parler de lui. Il parle de sa vie actuelle dans son quartier qui change et la façon dont il semble enfin se trouver. Il fait des incursions dans le passé, en Éthiopie qu'il a quitté pour des raisons politiques et familiales dans des conditions dramatiques. Il évoque ses premiers temps aux États Unis auprès de son oncle et de ses deux amis Kenneth et Joseph et enfin il raconte l'évolution d'une amitié ambiguë avec Judith, une femme blanche et aisée nouvellement installée dans le quartier avec sa fille. Il entretient d'ailleurs avec Naomie, la fillette, de relations presque filiales qui sont vraiment touchantes.
Le roman, tout en finesse et en douceur touche à la vie d'un homme qui se cherche, qui ne semble pas vraiment savoir où est sa place dans sa propre vie.
Au-delà de l'histoire personnelle de Sépha, il y a des questions de société très riches qui sont abordées, qui concernent autant les États Unis que l'Afrique et la place des uns et des autres selon leurs origines, qu'elles soient géographiques ou sociales.
J'ai beaucoup aimé ce très beau roman plein de poésie et d'humanité.
"C'est donc ici, la ville où j'ai fait ma vie et où je vis. Il semble maintenant important d'y penser en ces termes. De ne pas la considérer comme une somme de fragments ou de morceaux, mais comme un tout unfié."
"[...] un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension."
Merci à Suzanne de
et aux éditions
qui m'ont fait parvenir ce livre.
: -20 / 78 (PAL d'origine -13 / 71)
26 novembre 2009
"Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage" de Maya Angelou
"Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage" est le premier opus des mémoires de Maya Angelou. J'avais déjà lu "Tant que je serai noire" l'année dernière et j'avais beaucoup aimé. J'avais trouvé le "personnage" de Maya Angelou très intéressant.
Ce premier tome raconte son enfance de petite fille noire dans le sud des États-Unis avant les droits civiques, à l'époque de la ségrégation. Elle vit avec son frère auprès de sa grand-mère, une forte femme qui dirige le seul magasin général noir. Dans cette communauté la religion, le respect d'autrui et la peur des blancs (ou la séparation) comptent énormément.
Elle va aussi en Californie avec son frère Bailey pour rejoindre sa mère et là, ils connaissent une autre vie, un autre monde avec plus de mélanges entre les noirs et les blancs et une certaine modernité.
Dans ses souvenirs, la petite Marguerite (Maya) évoque des moments de vie ordinaires de petite fille et aussi des drames. Elle parle de ses incompréhensions face aux différences entre les blancs et les noirs, son sentiment d'injustice et le passage de l'enfance à l'adolescence.
Quand elle nous raconte son enfance, Maya Angelou pourrait être un personnage de roman (je me suis sentie replongée dans les romans d'Alice Walker et Toni Morrison) et en même temps elle raconte la vie des enfants noirs de sa génération.
Au travers de sa propre expérience, elle raconte les événements et la façon de vivre de son époque dans cette partie des États-Unis pour toute une tranche de la société. Son témoignage personnel est aussi un témoignage universel.
Juste une remarque sur l'édition du Livre de Poche, la 4ème de couverture mentionne "ses débuts d'écrivain et de militante" alors que ce tome ne concerne que son enfance et son adolescence...
Merci à Suzanne de
et aux éditions
qui m'ont fait parvenir ce livre.
: -19 / 77 (PAL d'origine -13 / 71)
24 novembre 2009
"Nights of rain and stars" ("Danse d'une nuit d'été") de Maeve Binchy
Avant de vous parler de ce roman en particulier, je dois vous dire que Maeve Binchy a longtemps été un de mes auteurs "chouchous" et e crois même que ce sont les premiers livres en anglais que j'ai lu. Je trouvais qu'elle écrivait des histoires humaines, des histoires d'amitié, des histoires de gens ordinaires, des histoires de femmes, l'Irlande... Je la considérais comme une très bonne conteuse.
J'ai particulièrement aimé les premiers romans que j'ai lu : "Nos rêves de Castlebay" ("Echoes"), "C'était pourtant l'été" ("Light a penny candle"), "Le cercle des amies" ("Circle of friends"), "Gens d'Irlande" ("Dublin 4, Lilac bus") ... J'ai lu presque tous ses livres. Ma mère, qui était fan aussi, me les offrait comme cadeaux et on les lisait toutes les deux...
Vous avez remarqué que j'utilise le passé... Et oui, ça fait plusieurs romans d'elle que je trouve moins bons, un peu "facile", comme si elle exploitait un filon et avait perdu ce qui m'accrochait au début (et ma mère a eu la même impression). Malheureusement, je trouve qu'elle s'essouffle...
Alors, là, je crois que c'est le dernier que je lirai... Il n'est pas déplaisant, il se lit bien, mais c'est un peu du "cliché de Maeve Binchy".
Qu'en est-il de l'histoire de "Nights of rain and stars" ("Danse d'une nuit d'été")? Des gens très différents les uns des autres, venant chacun de pays différents, que rien ne devrait réunir, se retrouvent tous ensemble sur une petites île grecque. Ils ont tous des problèmes personnels, ils deviennent les meilleurs amis du monde en un clin d'oeil, ils s'entraident, deviennent amis avec les habitants de l'île, règlent leurs problèmes...
En gros, l'île grecque est une sorte de paradis sur terre, tout le monde est beau et gentil et tout est bien qui finit bien!
Alors je l'ai fini car c'est une lecture facile, ce qui est un point positif pendant les premiers temps (chargés) avec bébé à la maison, mais je ne le recommande pas vraiment. Par contre n'hésitez pas à essayer les autres titres que j'ai mentionnés plus haut, ils m'ont laissé un excellent souvenir!
: -18 / 76 (PAL d'origine -13 / 71)
20 novembre 2009
"Un long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot
Au milieu de la première guerre mondiale, cinq hommes qui se sont volontairement mutilés sont condamnés à être abandonnés entre les tranchées françaises et allemandes -autrement dit condamnés à mort.
Parmi eux, Manech, un jeune soldat de 18 ans. Mathilde, sa fiancée, est une jeune femme extrêmement déterminée qui veut savoir exactement ce qui s'est passé ce jour-là. Après la guerre, elle mène une enquête sur ces cinq hommes et sur les événements. Elle va découvrir beaucoup plus qu'elle n'imaginait sur les hommes qui étaient avec Manech ce jour-là, sur les décisions militaires et sur cette guerre en général.
J'ai trouvé ce roman passionnant et très bien écrit. Tout d'abord par ce que l'on découvre sur la guerre de 14-18 dans son quotidien et son horreur. Puis il y a le côté "enquête policière" plein de rebondissements et surtout c'est une histoire -des histoires- d'amour très forte.
Les personnages sont très finement décrits et attachants.
J'avais vu le film de Jean Pierre Jeunet
il a quelques années et en lisant le roman des images du film me revenaient en tête. Le film est assez fidèle sur le fond mais j'ai trouvé que l'écriture de Sébastien Japrisot était vraiment limpide et l'intrigue beaucoup plus claire dans le livre.
J'ai lu ce roman dans le cadre du défi
et ça veut dire que j'ai fini ce défi !!! (Même s'il reste encore une tonne de livres que j'ai envie de lire dans la "méga-liste"!)
: -17 / 76 (PAL d'origine -12 / 71)
14 novembre 2009
"Une promesse" de Sorj Chalandon
Difficile de parler de ce roman sans trop en dévoiler car il faut vraiment se laisser porter et découvrir certains aspects du récit petit à petit.
C'est l'histoire d'Etienne et Fauvette, un vieux couple qui s'aime avec pudeur dans la douceur des habitudes.
C'est l'histoire d'une maison que sept amis viennent faire vivre et respirer tous les jours -chacun son jour.
C'est surtout une histoire d'amour, d'amour fraternel, d'amitié, de transmission, d'attachement à l'enfance, de fidélité et d'espoir.
Ce sont aussi des histoires individuelles très humaines, avec des souvenirs communs, des failles et au centre : une promesse pleine de non-dits.
Ce roman délicat et émouvant est à la fois plein de poésie et de quotidien.
J'avais déjà été sous le charme de "Mon traître" de Sorj Chalandon tant pour le style que pour l'intrigue et j'ai retrouvé cette émotion d'une écriture simple, directe et ciselée.
Plusieurs fois les larmes me sont montées aux yeux et j'ai souvent eu envie de noter des passages que je trouvais tout simplement beaux.
Ce roman assez court est si riche et puissant que j'ai eu l'impression de passer des journées entières auprès de ces personnages touchants et réels.
: -15 / 76 (PAL d'origine -10 / 71)
11 novembre 2009
"De pierre et de cendre" de Linda Newbery
L'histoire se situe dans la campagne anglaise à la fin du 19ème siècle au sein d'une famille aisée et respectable dans une magnifique maison.
Samuel Godwin, un jeune peintre est engagé par Mr Farrow, le père de famille, pour devenir le précepteur et professeur d'art pour ses deux filles.
La vie de famille n'est pas si tranquille qu'il n'y parait : la mère est décédée quelques mois auparavent d'une chute dramatique, Juliana, la fille aînée de 17 ans, est assez mélancolique après avoir passé plusieurs mois de convalescence en dehors de la maison de famille et Mariane, la plus jeune des filles, a des accès de somnambulisme et des crise proches de l'hystérie.
On s'aperçoit au fur et à mesure de la lecture et des découvertes faites par les deux narrateurs (Charlotte Agnew, la dame de compagnie et Samuel Godwin) -un peu à la manière d'une enquête- que des secrets pèsent sur tous les membres de cette famille et même d'anciens employés de maison.
Au niveau de la narration, chaque chapitre prend la voix d'un narrateur de façon alternée. Même si cela m'a un peu gênée au début, cela permet d'apporter deux points de vue différents. Ils découvrent chacun leur tour des informations qui étayent le récit.
J'ai lu beaucoup d'avis très enthousiastes sur ce roman sur internet mais pour ma part mon avis est un peu plus modéré. J'ai trouvé que c'était un roman plaisant et distrayant, l'intrigue est intéressante (même si après un début un peu lent on fait des découvertes essentielles un peu rapidement) mais au niveau du style, j'ai un peu eu l'impression que l'auteur était un peu dans l'imitation du style 19ème et que cela sonnait un peu faux.
Merci à Saraswati pour ce cadeau offert lors de notre rencontre du mois de juillet!
: -14 / 76 (PAL d'origine -9 / 71)
03 novembre 2009
"Hors de moi" de Didier Van Cauvelaert
Martin Harris arrive chez lui un matin, après avoir passé quelques jours à l'hôpital dans le coma, suite à un accident de la route en taxi, sans qu'il ait pu prévenir sa femme.
Un homme lui ouvre SA porte, et lui demande ce qu'il veut... Sa femme est là mais ne le reconnaît pas... Au contraire elle parle à l'autre homme comme si lui était son mari... qui dit être lui-même Martin Harris...
Qui est cet homme qui se fait passer pour lui et qui s'est installé dans sa vie?
Le mystère s'épaissit quand il se rend compte que cet autre homme se fait passer pour lui dans tous les domaines (et qu'il a même des papiers à son nom), qu'il se dit lui aussi botaniste de renom (et qu'il en a les connaissances scientifiques) et qu'il partage les mêmes souvenirs que lui (même les plus lointains, même les plus intimes)...
Malheureusement, comme Martin Harris vient de s'installer en France et qu'il a perdu ses papiers, personne ne peut prouver qu'il est bien celui qu'il dit être, celui qu'il pense sincèrement être...
Il se lie avec la chauffeur de taxi avec qui il a eu l'accident de voiture et qui l'aide à se retrouver. Le professeur spécialiste du cerveau et du coma émet quant à lui des hypothèses scientifiques...
Ce petit roman qui se lit très vite fonctionne très bien comme un thriller psychologique... Plein de rebondissements, il fait vraiment se poser la question : "Qu'est ce qui se passerait si tout le monde avait perdu la mémoire sauf moi!"
: -12 / 75 (PAL d'origine -8 / 71)
17 octobre 2009
"What I loved" ("Tout ce que j'aimais") de Siri Hustvedt
C'est un roman qui raconte la vie de deux couples, des amis proches, leurs enfants, leurs amours, leurs ruptures, leurs faiblesses, leurs drames...
Ils vivent à New York dans le milieu de l'art. Leo, le narrateur, est professeur d'histoire de l'art et Bill est artiste peintre, de nombreux artistes gravitent autour des personnages, de nombreuses oeuvres sont décrites. Au début c'est d'ailleurs très intéressant de ce point de vue, mais je dois avouer qu'au bout d'un moment, j'ai vraiment été lassée par le discours presque universitaire sur les considérations, descriptions et analyses du moindre tableau évoqué et sur l'art contemporain en général... J'ai d'ailleurs fini par lire certains de ces passages un peu "en diagonale".
Par contre, tout ce qui concerne directement les personnages de façon plus personnelle comme le deuil (très bien rendu), les relations amicales et fraternelles, le mensonge pathologique, le désir et l'amour est bien écrit.
La troisième partie est assez décousue, on navigue entre problèmes psychologiques, drogues, psychopathes et enquête un peu absurde, un peu comme si l'auteur commençait un autre roman. J'ai aussi eu un peu l'impression qu'elle ne savait plus quoi faire du personnage d'Erika et qu'elle l'a donc éloigné sans trop s'en soucier... C'est un peu maladroit...
Pour résumer, j'ai trouvé le style d'écriture agréable à lire mais la construction peu convaincante avec trop de passages sur l'art ou des théories psychologiques presque cliniques qui alourdissaient le récit (oserais-je dire "masturbation intellectuelle"??)
Ce roman ne restera pas gravé dans ma mémoire et je dois dire que je suis un peu déçue car cela faisait très longtemps que j'avais envie de le lire...
Je l'avais d'ailleurs choisi pour le défi 
Le hasard a voulu qu'Orchidée lise ce roman en même temps que moi, nous avons donc fait une lecture commune sans le vouloir (mais quand on en a parlé, à peu près à la moitié du roman on était à peu près du même avis...) Allez voir chez elle aussi!
: -9 / 73 (PAL d'origine -7 / 71)
10 octobre 2009
"Le prédicateur" de Camilla Läckberg
Ce polar se déroule en Suède dans la ville balnéaire de Fjällbacka, comme dans "La Princesse des Glaces" du même auteur sauf que cette fois c'est en été en pleine canicule et qu'Erica Falck, l'héroïne du volume précédent passe au second plan car elle est enceinte de 8 mois (ça me parle, ça ;-)
Cette fois, c'est Patrik Hedström, inspecteur de police et compagnon de Erica qui est responsable d'une enquête sur un meurtre. Le corps d'une jeune femme assassinée est retrouvé sur la côte ainsi que deux squelettes datant des années 1970.
L'enquête qui est ouverte concerne le présent et le passé et elle se centre très vite sur une famille en particulier...comme 25 ans auparavant. La famille Hult a de nombreux secrets, des haines et des ressentiments ce qui rend l'enquête très complexe pour les policiers.
Le dénouement est digne de la série "Les Experts".
L'histoire s'intéresse à l'enquête, aux personnalités des policiers, à la vie d'Erica et du village ce qui rend l'ensemble assez vivant.
Sans être un chef d'oeuvre, c'est un bon divertissement, plus abouti que le premier volume.
Merci à ma copine Mrs B pour ce prêt (à nous deux on fait un vrai trafic de livre ;-)
04 octobre 2009
"La femme en vert" de Arnaldur Indridason
Dans ce roman policier, trois histoires se croisent.
Tout d'abord, l'enquête policière à proprement parler : on a découvert des ossements humains datant des années 40 dans les fondations d'une maison en construction dans les faubourgs de Reykjavik.
En parallèle, on retrouve le personnage de Erlendur, le policier un peu taciturne déjà rencontré dans "La cité des jarres" qui doit faire face à son rôle de père alors que sa fille junkie très perturbée est entre la vie et la mort.
Enfin, on suit aussi l'histoire d'une famille dont la mère est persécutée et battue par un mari extrêmement violent et odieux...
On découvre assez vite que cette partie du récit appartient au passé et petit à petit les découvertes faites dans le présent vont rejoindre des événements du passé justement.
J'ai vraiment bien aimé ce polar qui est bien construit et dont on attend le point où les histoires passées et présentes vont se rejoindre. Le personnage de Erlendur est intéressant, avec ses problèmes personnels et sa vie en dehors de l'enquête.
J'ai déjà lu "La cité des jarres" (avant le blog) et j'avais déjà bien aimé et je pense lire d'autres polars de cet auteur!
J'ai lu ce roman dans le cadre du Challenge
("Un pays de mon continent" : L'Islande)



















