11 avril 2009
"Clair de lune" de Jeffery Deaver
Livre lu pour la sélection d'avril du Prix des lectrices de Elle, catégorie Polar.
A New York, Lincoln Rhyme, un criminologue réputé et handicapé physique, Amelia Sachs qui travaille sur le terrain et plusieurs policiers détachés auprès de lui, composent une équipe spéciale qui enquête sur des crimes perpétués par un tueur en série se faisant appeler « l’Horloger ».
Nous suivons également ce tueur et de son complice dans leurs préparatifs de crimes.
En parallèle, Amelia Sachs mène une enquête sur le suicide suspect d’un homme d’affaire –sans lien apparent avec la première enquête.
Mais dans ce roman policier, tout n’est que faux semblants et il y a de très nombreux retournements de situations. On nous mène sur de fausses pistes et des plans en apparence bien construits sont déjoués sans arrêt.
J’ai trouvé ce roman policier plutôt enlevé et plaisant dans l’ensemble –un bon « polar de vacances ».
Mais je dois aussi dire que l’auteur use un peu de facilité dans les déductions -les intuitions- de ses personnages qui trouvent des solutions à des problèmes insolubles un peu trop facilement et surtout beaucoup trop vite pour être tout à fait réalistes…
10 avril 2009
« L'autre moitié du soleil» de de Chimamanda Ngozi Adichie
Livre lu pour la sélection d'avril du Prix des lectrices de Elle, catégorie Roman.
Dans le Nigeria du début des années 60, on suit les vies de deux sœurs jumelles d’une famille aisée. Olanna vit en couple avec Odenigbo, un professeur d’université idéologiquement impliqué dans la toute nouvelle indépendance du Nigeria. Ils évoluent sur la scène intellectuelle de leur ville universitaire. Kainene, plus terre à terre et matérialiste, vit avec Richard, un anglais passionné du pays qui deviendra africain de cœur.
Leur vie jusqu’alors sans soucis est bouleversée dans la deuxième moitié des années 60, lorsque le Biafra (une région du Nigeria) se proclame indépendant et qu’une guerre civile divise le pays et ses habitants aux origines ethniques et religieuses différentes.
Le roman constitué d’allers et retours entre le début et la fin des années 60 met bien en avant les changements d’atmosphère. Les événements historiques du pays ne sont perçus que du point de vue des gens qui les vivent –par leurs histoires personnelles et leur propre perception du quotidien. Comme eux on découvre, petit à petit, une image plus large de la situation.
C’est un roman passionnant, j’ai appris beaucoup de choses sans pour autant avoir eu l’impression de « prendre un cours d’histoire ».
Belle écriture avec des personnages attachants et réalistes. J’ai vraiment eu l’impression d’entrer dans ces histoires et dans l’Histoire.
07 avril 2009
"Ma vie balagan" de Marcelline Loridan-Ivens
Livre lu pour la sélection d'avril du Prix des lectrices de Elle, catégorie Documentaire.
« Ma vie balagan » est l’autobiographie d’une femme forte qui aurait pu être écrasée par la vie mais qui a toujours cherché (et réussi) à suivre des chemins qui lui correspondaient.
Elle nous raconte une vie bercée par la souffrance des camps de concentration et par la recherche de son identité. Et malgré tout, c’est une vie d’amour et de passions.
C’est une femme qui pourrait être notre mère ou notre grand-mère et qui se raconte sans misérabilisme et avec beaucoup de pudeur.
Ce qui m’a frappée c’est la joie de vivre qu’elle dégage, l’espoir et l’envie de vivre.
03 mars 2009
"La fille de Carnegie" de Stéphane Michaka
Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Polar.
« La fille de Carnegie » est un polar au cœur duquel se croisent plusieurs personnages. Bob Tourneur, le chef des inspecteurs aux "Homicides", peu scrupuleux, raciste et un peu alcoolique qui interroge Lagana, ex-policier aux Homicides maintenant détective privé, ambitieux et charismatique suspecté de l’assassinat d’un homme tué dans la loge du Metropolitan de Sondra Carnegie, fille de milliardaire et critique renommée d’opéra disparue depuis le crime.
Il faut aussi compter sur Fran Markovitz, figure du passé commune à Lagana et Tourneur avec qui ce dernier discute quand il a un peu bu bien qu’elle soit morte depuis plusieurs années…
Je n’ai pas accroché du tout à cette histoire. Avec les chapitres courts et hachés, j’avais l’impression de « zapper ». Peu m’importait si Tourneur allait trouver le coupable ou de savoir qui avait vraiment tué qui…
Je ne me suis pas attachée aux personnages qui sonnaient faux. J’ai trouvé qu’il y avait trop de clichés (j’avais un peu l’impression de voir une série américaine avec tous ses poncifs…). Je n’y ai pas cru du tout. J’avais aussi parfois l’impression de lire une traduction.
02 mars 2009
"Sans blessures apparentes" de Jean Paul Mari
Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Documentaire.
Jean Paul Mari est grand reporter et il nous parle des guerres qu’il a vues (en Irak notamment) mais au-delà il nous parle surtout des traumatismes de ceux qui les vivent, que ce soient les journalistes ou les soldats qui côtoient la mort : celle des autres mais aussi la leur.
Il enquête aux USA sur les conséquences de la guerre sur ceux qui reviennent « sans blessures apparentes » et sur le peu d’intérêt que l’armée porte à ces hommes blessés de l’intérieur.
Ce documentaire est très intéressant et il apporte un éclairage différent sur la guerre –au-delà des zones de danger- sur les conséquences. C’est très humain et fort, un documentaire très utile.
Mais je dois avouer que je n’ai pas pu le lire jusqu’au bout car malgré tout, cela parle de la guerre et des conflits et des traumatismes qui ont été causés par des blessures physiques ou psychologiques et en ce moment je ne peux pas (je ne veux pas) lire les horreurs du monde.
01 mars 2009
"Le pont des soupirs" de Richard Russo
Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Roman.
« Le pont des soupirs » explore les personnalités de nombreux personnages dont les existences sont profondément entremêlées.
C’est une saga familiale et même de plusieurs familles, une saga d’une petite ville d’Amérique profonde, une saga d’amitiés et d’amours qui commencent dans l’enfance et qui se poursuivent toute une vie.
C’est un portrait d’abord fait par « Lucy » Lou Lynch, qui donne son point de vue en racontant sa vie, sa ville, ses liens et ses sentiments puis cette évocation est étoffée par des éclairages différents apportés par d’autres personnages ayant traversés sa vie.
On « creuse » pour se rendre compte que les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent et que d’un côté « les gens ne changent pas » et de l’autre on ne se connaît pas vraiment soi-même.
J’ai beaucoup aimé ce roman dont je n’ai « pas vu passer » les 700 pages.
Les personnages, tout en nuances avec leurs failles, leurs qualités et leurs défauts, sont attachants et on peut se reconnaître un peu dans chacun d’entre eux.
C’est l’histoire de personnes ordinaires dans des vies ordinaires qui se cherchent et qui finissent par se trouver un peu…pas si loin d’où ils étaient déjà…
03 février 2009
"Moi, Sampat Pal. Chef de gang en sari rose" de Sampat Pal et Anne Berthod
Livre lu pour la sélection de février du Prix des lectrices de Elle, catégorie Documentaire.
« Moi, Sampat Pal » est un documentaire passionnant. La vie de cette femme, son courage et son action déterminée éclairent à la fois sur la situation de l’Inde actuelle et sur la place des femmes dans cette société.
Elle met en avant un pays aux lois modernes freinées par la corruption des fonctionnaires. Elle rappelle que le système des castes a été aboli mais que les mentalités les laissent exister dans les faits. Elle explique que l’absence d’instruction met les femmes dans une position d’infériorité injuste.
Cette femme au caractère incroyablement fort a su braver sa famille, sa belle famille les voisins et les « qu’en dira-t-on » pour devenir indépendante. Cette femme aide les plus démunis : femmes, pauvres, personnes issues des basses castes…
Elle a compris qu’elle ne pouvait pas le faire seule et avec la force du groupe de femmes qu’elle a réuni autour d’elle : le « Gulabi Gang », le gang des saris roses, elle impose l’application de règles, s’élève contre les injustices et la corruption et vise à l’émancipation des femmes dans leur quotidien.
Une vraie leçon pour toutes les femmes !
« C’est pour cela que j’ai créé le Gulabi Gang il y a deux ans : pour faire pression et réclamer justice. Pourquoi une bande de femmes ? Parce que c’est grâce à elles que la société changera. Elles sont les plus vulnérables mais aussi les plus fortes car plus solidaires que ne le seront jamais les hommes. Unies, nous avons le pouvoir de renverser l’ordre établi. » Page 12
Pour en savoir plus, vous pouvez aller lire cet article et aussi celui-là.
02 février 2009
"Séraphine. La vie rêvée de Séraphine de Senlis" de Françoise Cloarec
Livre lu pour la sélection de février du Prix des lectrices de Elle, catégorie Documentaire.
Je ne connaissais pas du tout Séraphine de Senlis avant de lire cette biographie et j’y découvre une femme étrange et surtout talentueuse –presque malgré elle- un peu illuminée puisqu’elle pense que la vierge l’inspire.
« Eloignée de tout académisme et des conventions, Séraphine n’apprend pas une technique, elle l’invente. Peindre est la façon qu’elle a trouvé pour exister. » Page 161.
Associer les informations sur sa peinture à des photos des tableaux était très utile pour visualiser le contraste entre l’austérité du personnage et de sa vie et la flamboyance de ses œuvres.
« Séraphine nous transmet l’invisible. Ses œuvres ne parlent pas, elles donnent à voir. »
J’ai aussi été intéressée par le personnage de Wilhelm Uhde, collectionneur d’art, particulièrement quand l’auteur mentionne ses connexions avec des artistes à leurs débuts.
« Uhde racontait que Picasso avait été tellement content d’avoir vendu une toile et trouvé un amateur qu’il avait tiré un coup de feu […] pour manifester sa joie. » Page 70
Cependant au niveau de la construction et de l’écriture, j’ai trouvé cette biographie un peu confuse et lourde avec des répétitions et des approximations. J’ai aussi eu l’impression que cette biographie était une compilation de citations d’autres travaux sur Séraphine de Senlis et je ne suis pas sure que cela apporte un éclairage différent.
D’ailleurs, l’auteur étant psychanalyste, je pensais qu’elle pourrait apporter des explications sur le phénomène de ce qu’elle appelle « la peinture spontanée ». On approche de quelque chose d’un peu plus précis et plus analysé dans les quelques dernières pages de la postface…Dommage.
Cependant, ce documentaire aura au moins eu le mérite de me donner envie de découvrir les oeuvres de Séraphine.
Pour en savoir plus sur une peintre intéressante, en plus du film avec Yolande Moreau, que j'ai très envie de voir, il y a une expo au Musée Maillol (qui est un petit musée à Paris que j'adore!) ... que j'ai aussi très envie de voir... L'expo est prolongée jusqu'au 30 mars 2009 inclus.
Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer des toiles...
01 février 2009
"Meurtres en bleu marine" de C.J.Box
Lu pour la séléction de février du Prix des Lectrices de ELLE, catégorie "polar".
Dans une petite ville de la campagne de l’Idaho, des personnages bien différents se croisent. On y rencontre des policiers retraités de Los Angeles qui se serrent les coudes, un vieux cow-boy solitaire et déterminé, un banquier qui a un cas de conscience, un autre policier à la retraite en visite à la recherche de réponses sur une affaire vieille de sept ans, une mère de famille dépassée par les événements et surtout deux enfants témoins d’un meurtre.
Deux enfants qui sont contraints de s’enfuir car ils ne savent pas à qui ils peuvent faire confiance dans cette ville où les « gentils » ne sont pas ceux que l’on croit et les « méchants » ne sont pas ceux qu’on voudrait faire croire…
L’intrigue se déroule sur trois jours. Pleine de rebondissements et de révélations, le rythme est soutenu. Construit comme un film, ce polar est très accrocheur et tient en haleine car même si on sait dès le début de qui il faut se méfier on ne sait pas si les « héros » vont s’en sortir…ni comment !
Polar très efficace, avec en toile de fond l’opposition d’une communauté rurale tranquille et soudée qui change au contact du mode de vie plus dur et anonyme apporté par les nouveaux arrivant de grandes villes comme Los Angeles.
Les personnages sont bien campés et pendant toute ma lecture j’ai « vu » le personnage de Jess Rawlins sous les traits de Clint Estwood qui serait parfait pour ce rôle…
30 janvier 2009
"C'était notre terre" de Mathieu Belezi
Livre lu pour la sélection de février du Prix des lectrices de Elle, catégorie Roman.
L’action se situe en Algérie avant, pendant et après la décolonisation.
Cinq membres d’une même famille de colons et leur domestique Kabyle parlent chacun leur tour, qu’ils soient vivants, mourants ou morts.
Ils racontent leur Algérie, du passé et du présent. Ils évoquent les mêmes souvenirs et les mêmes événements mais en apportant chacun un éclairage différent : amour ou haine des gens qu’ils côtoient, attachement ou rejet d’une terre qui était « la leur ». Tout tourne autour de la notion d’appartenance, mais c’est un attachement plein de rancœur.
Il y a la mère, propriétaire du domaine, qui refuse coûte que coûte de quitter les terres de ses ancêtres, le père, archétype du colon, qui veut profiter de son statut, le fils qui rejette son héritage familial au point de s’impliquer dans la cause des indépendantistes algériens, les sœurs, si différentes, qui n’ont pas du tout la même vision du pays dans lequel elles ont grandi et la domestique qui n’a nulle part au monde où vivre que cette terre qui n’a fait que l’exploiter…
C’est vraiment très intéressant car on a une vision très complète et pas manichéenne de cette vie en Algérie à cette période charnière de son histoire. Personne n’a vraiment raison, personne n’a tout à fait tort.
J’ai trouvé ce roman très bien écrit dans un style très particulier que la quatrième de couverture qualifie « d’écriture libre », « de rythme incantatoire ». C’est une écriture qui enchaîne le récit et les pensées des narrateurs entrecoupées de conversations avec leurs propres souvenirs. C’est très riche et pourtant très fluide. On ne s’y perd pas, on se laisse porter par un rythme.























