Livre lu dans le cadre du jury de Septembre, pas séléctionné pour le Prix des lectrices de ELLE.

                                                  Les enfants de l'empereur

"Les enfants de l'empereur " de Claire Messudest un roman de « personnages » plus que le roman d'une « histoire ». A chaque chapitre, elle déroule, comme une pelote, la vie, les pensées et les relations de ses personnages, les fait évoluer par rapport à eux même et les uns par rapport aux autres.

 

Marina, Danielle et Julius sont trentenaires et amis depuis la fac. Ils sont tous plus ou moins satisfaits de leur vie, s'en contentent tout en sachant qu'il est temps pour eux d’évoluer. Murray Thwaite, le père de Marina, journaliste de renom, intellectuel reconnu, sûr de lui, est en fait au centre du roman, admiré, respecté ou méprisé.

 

Puis cette « harmonie » s'effrite avec l'arrivée de deux personnes dans ce cercle. Ludovic Seeley qui vient à New York pour créer un journal culturel subversif, prônant la vérité intellectuelle à tout prix. Il se fiance avec Marina et se rapproche de son père tout en donnant à la jeune femme une autre vision de son monde. Il y a aussi « Bootie », Frederick, le neveu de Murray qui s'installe à New York pour s'éduquer lui-même. Il voue une admiration sans borne à son oncle qui est pour lui une sorte de modèle. Lui aussi recherche la vérité intellectuelle et il est donc très déçu quand il s'aperçoit que son oncle n'est pas l'homme intègre qu'il idéalisait.

 

L'empereur, c'est Murray, comme le dit Bootie page 542 : « l'empereur de ce royaume de faux-semblants». Page 305, il cite Emerson : « Chacun brille en société par une beauté ou un talent qui n'appartiennent qu'à lui. Nous mesurons chaque homme à l'aune de ce trait distinctif pour faire de lui un portrait parfaitement symétrique ; grave erreur car le reste de son corps est petit et difforme. » Pour moi cette phrase résume très bien le roman. Le vernis craque au fur et à mesure, ces gens qui vivent en fonction du regards des autres sont tous imparfaits. L'hypocrisie et la recherche de vérité sont deux thèmes parallèles.

 

Les attentats du 11 septembre 2001 marque le point de rupture dans leurs vies car tout d'un coup leur microcosme ne peut plus être le centre du monde.

 

J'ai beaucoup aimé ce roman, le style est agréable, facile à lire (malgré ses presque 600 pages, je l'ai dévoré sans trouver le temps long), et malgré tous leurs défauts je me suis attachée aux personnages.